L'orange et le rose des fleurs en printemps, le bleu que l'on nomme azur des cieux que je ne peux atteindre ou même rêver d'atteindre puisqu'ils sont noirs pour moi. Yeux clos, tout est noir, parfois même ma vie était faite d'obscurité. Le chant du colibri jaune comme la braise, le goût de la fraise si rouge et juteuse en plein été, accompagnée d'une brise parfumé d'oranger, le monde est fait de couleurs mais je n'en vois aucune. Puis-je même me permettre de m'imaginer ? De matérialiser ce que mes sens me procure en des couleurs flamboyantes, virevoltantes presque divines ? Je me l'interdit, je me défend de faire un tel effort pour imaginer un monde invisible, peut-être même faussé de la réalité... On m'a dit que les couleurs existaient mais que, dieu merci, j'étais assez aveugle pour ne pas voir ce monde rempli de gris.
Puis je t'ai entendu, je t'ai senti, presque goûté... Si je me serais permis de penser qu'un jour, j'aurais pu ressentir quelque chose de plus important encore que ma vue perdue à jamais... Tu es ma couleur, ma canne blanche comme une lumière aveuglante pour les autres, sombre pour moi. Mes yeux et mon coeur t'appartiennent, qui eu pu croire que j'aimerais sans voir ?
On dit que l'amour est aveugle, je ne peux confirmer cette règle, mais j'espère que tu le pourras enfin. Mène moi au paradis, à la blancheur de ton âme si ce n'est déjà fais. Mes sens t'appartiennent à jamais, à toi, mon amie, mon amante, ma confidente...

